La Veilleuse

Lundi 5 mai 2008

Au hasard de mes errances internautes, ...

... je suis tombée sur un extrait de journal, une citation qui a remué les tréfonds de mon être. Je n'avais plus ressenti cette agitation de mes viscères depuis ce jour où, en sixième, mon professeur de français nous avait lu à voix basse "une charogne" de Baudelaire. Je découvrais alors avec délectation le pouvoir des mots dans leur fièvre ironique et sarcastique. 

Rêve de grandes choses: cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites.

Cette citation est de Jules Renard...

et ce sont dans des phrases comme celle-là que j'ai reconnu mon âme soeur. Non pas que je pense avoir ne serait-ce qu'un dixième de son talent, j'en suis à des années lumières, mais je trouve là un modèle qui communie avec ma vision du monde et des gens. J'aime ce sarcasme mordant jusqu'au sang car il faut un talent certain pour réussir à faire sourire en plantant une hache dans la carotide de son interlocuteur (j'aime bien cette expression).  Mais sans doute avait-il prévu ce genre d'épanchement car pas plus tard que tout de suite une autre de ses citations me saute aux yeux: 

Le talent, c'est comme l'argent: il n'est pas nécessaire d'en avoir pour en parler.

Et je peux vous l'assurer, je manque cruellement d'argent...:s

par La Veilleuse publié dans : Grincement de dents
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Mercredi 26 mars 2008

Et voilà! Pour la cinquantième fois de la journée je me rejoue la conversation de ce matin.

- "Quand il a dit ci j'aurais dû répondre ça...et une blague par là, ça aurait été bien!"
Alors oui, alors là il aurait vu à quel point j'étais maline, vive d'esprit, intéressante, drôle... au lieu de quoi, je n'ai montré que mon côté platement acide...banal...

Et oui! Comme Diderot, j'ai l'esprit d'escalier... et c'est infernal!

Ce n'est qu'au calme que mon cerveau trouve les joutes verbales qui pourraient mettre adversaires et conquêtes à mes pieds. Si seulement ils pouvaient savoir comme j'ai le verbe haut, qui s'abat comme une hache, capable de trancher les carotides, les laissant tremblant de terreur ou de passion. Subjugués! Foudroyés!
"J'aurais dû dire ci, j'aurais dû répondre ça!"
Ah! Ils ne savent pas à quel point j'aurais pu les faire souffrir ou les séduire!

Tant pis! ... Tant mieux! ...

Tant mieux pour eux...
Tant pis pour moi...
Tant pis pour moi...

Foutu esprit d'escalier!!!! Seule dans l'arène à refaire le combat...
La vengeance est mesquine et vaine.
Réconfortante tout de même.
Vengée malgré tout non?
non... ?
bon.

par La Veilleuse publié dans : Grincement de dents
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Vendredi 21 mars 2008

C'est bon, J'ARRETE LES FRAIS!!!!!!

Les talons...J'ARRETE!!!
Me lever tôt... J'ARRETE!!!
Le bus à 6h45... J'ARRETE!!! J'ARRETE!!!

Rien que pour ça, tiens, je commencerai bien la cigarette!
ça m'apprendra à vouloir être féminine...pfff!!!!...
La misère QUOI!

Ben oui, c'est la misère quand on est étudiante à plein temps, qu'on n'a trouvé qu'un pauvre studio à une heure en bus de la fac, que du coup y'a pas de parking, qu'on n'a pas de voiture de toute façon et que y'a parfois des mecs supers beaux dans ce maudit bus!!!

C'est que ça m'avait fait drôle dites donc en entendant mes potes faire l'éloge des talons...le comble du féminin!!! ah bon? Rien ne vaut la démarche d'une fille en talons? Rien que le bruit, ils en ont des frissons??? Ah bon? Et pendant qu'ils m'expliquaient tout ça, moi, discrètement je planquais sous ma chaise mes tongues en plastique fluos. Je transpirais! j'avais chaud aux pieds.

6h00: Chuis pas arrivée à dormir avec cette histoire de séduction par le peton. D'autant plus qu'ayant mis direct à la poubelle les dites tongues...j'avais plus le choix... c'était nike ou les échasses que j'avais achetées pour le mariage d'une tante qui est ménopausée depuis. AAAAHHHH et pis allez, j'assume, à mon tour de les faire chavirer!

6h35: Petite robe à volants noirs, maquillage discret, et des talons qui ne m'ont même pas posé problème pour descendre les escaliers et monter la côte qui mène à l'arrêt de bus. Pas super réveillée mais pas peu fière de mon petit effet parce-que dites donc, ça mate grave!!!! Je serais presque mal à l'aise...presque.

6h45: Le bus arrive, la porte s'ouvre, petit regard du chauffeur sur mes petons (et le reste du coup), petit sourire de ma part (peut toujours rêver celui-là), je tends l'argent -"un ticket je vous prie"! (parce-qu'une fille en talons dit "je vous prie" et pas "s'il-vous-plaît", c'est inné!)

6h46: Y'a du monde à cette heure! Le bus est bondé! Tant pis, je reste à hauteur du chauffeur, d'autant plus que pas loin, y'a un mec super mignon. Je note dans un coin de ma tête: "Prendre plus souvent le bus de 6h45"

6h47: J'essaie de voir si mec mimi a repèré mes talons (et le reste du coup) mais voilà que le chauffeur, ce dératé, ce dégénéré de chauffeur, prend le rond-point à vitesse grand V...

6h47min2sec: Et bien ça n'a pas manqué...moi, mes talons, ma robe à volants, on s'est retrouvés les 4 fers en l'air, sur le sol, ébètés de ce qui venait de nous arriver! Je note dans un coin de ma tête: "Ne plus JAMAIS prendre le bus de 6h45!"

6h47min6sec: Essayez, vous, de remonter dignement sur vos échasses en passant outre les rires étouffés, le sourire narquois du chauffeur et, vous en êtes persuadée, le fait que mec mimi n'a pu rater ni vos talons ni votre culotte en coton fluo... Je transpire! J'ai chaud, et pas qu'aux pieds.

C'est bon, j'ai ma dose...
J'ARRETE les talons hauts
J'ARRETE le bus trop tôt
J'ARRETE les culottes fluos!!!!

par La Veilleuse publié dans : Grincement de dents
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Lundi 17 mars 2008

Je garde en mémoire, comme des souvenirs de sables, nos images de cartes postales...

Il était mon Homme Capitaine car cette histoire était entourée d'eau et [...] notre histoire décidement était vouée au naufrage.

Combien de temps passé à regarder la mer et notre embarcation prendre l'eau? 

Je l'ai enlacé, désespérement, pour n'avoir rien à regretter, mais le moment venu, nous n'avons eu d'autre choix que de nous séparer pour survivre. 

Il a trouvé une bouée qui tranquillement le ramène vers la terre ferme. Moi mon radeau de bric et de broc, secoué par les flots, coule à pic, doucement mais sûrement. 

J'ai crié, longtemps... personne ne m'entend.
 
Alors, comme je lui ai promis, comme je me le suis promis, je n'ai pas cherché à le retenir. Je l'ai laissé vogué. 

Et pendant que je touche le fond marin, mes larmes prennent un goût amer et mes yeux continuent de fixer obstinément les dernières traces d'une bouée abandonnée
.

par La Veilleuse publié dans : Grincement de dents
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Jeudi 13 mars 2008

"Attends, laisse-la parler, pour une fois qu'elle parle d'un truc de filles!!!!"

Ce cri du coeur m'a fait sursauter et même me retourner pour vérifier que c'était bien de moi que l'on parlait. Mais oui, aucun doute. je déblatérais joyeusement sur le énième régime détox que j'essayais avec une copine . Rien de bien intéressant, pourtant autour de moi, toutes tombaient des nues en constatant qu'en fait j'étais bel et bien humaine, et femelle de surcroît, à croire que jusque là, ça n'avait pas été évident à déterminer!

Pourtant, grand dieu, je n'ai jamais mis en doute mon appartenance corps et âme à l'univers des gorgones/nymphes (tout dépend des jours du mois où l'on nous aborde). Pour preuve, je lis Elle, je prends des kilos rien qu'en regardant les mille-feuilles dans la vitrine, je lorgne les fesses de Georges Clooney et j'ai la larme à l'oeil en regardant pour la 50ème fois Love Actually. 

Depuis ce commentaire qui remue les tréfonds de ma personnalité, je m'interroge. 

Est-ce que je dégage une image masculine?
Les jupes, la peau satinée et le maquillage n'auraient donc pas pallié à cet effet? 
A moins que ce ne soit mon discours...?

C'est vrai que j'aborde les sentiments différemment de mes collègues de cours. Je prends, je jette, je n'aime pas parler d'avenir à deux, les mots doux me font froid dans le dos et tout acte d'engagement de l'autre sonne le glas de la relation pour moi. 
J'ai aussi une ambition qui dépasse le cadre de la fondation et de l'entretien d'un foyer et j'évite tout ce qui dit cuisine depuis que mon père a fait les frais de la mienne en frôlant l'intoxication alimentaire. 

Mais voilà, être femme de nos jours c'est aussi vivre joyeusement et délicieusement son célibat tout en menant de front une brillante carrière. Mettre en avant les sentiments, la famille et la cuisine est bien trop réducteur et stéréotypé du siècle dernier. 

Le problème ne viendrait donc pas de moi mais de ma détractrice puisqu'au final, j'assume le fait de faire des trucs de filles, sans avoir besoin de palabrer. 

Quoi qu'il en soit, pas plus tard qu'hier, j'ai acheté le Deuxième Sexe, des fois que Simone puisse m'éclairer sur le fait qu'"on ne naît pas femme, on le devient" ... bien malgré soi.

par La Veilleuse
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