Tout d'abord, une bonne année à vous mes amis, chers lecteurs et
internautes de passage... Je vous dois des excuses, d'être partie sans mot dire, sans un avertissement. Trahison? Non! Seulement une mise en veille salutaire. La vie m'a rattrappée
comprenez-vous? Entraînée dans un tourbillon infernal j'étais trop occupée à vivre la réalité pour la commenter. Plus de temps pour la réflexion, place à l'action.
Me voilà de retour car vous vous en doutez, l'ironie qui rythme ma
vie n'a pas pris de vacances, Elle! Cette fois, j'ai eu honte...et pour m'en sortir, comme tout un chacun, j'ai menti. Dans une situation embarrassante, nous avons tous ce réflexe, mentir
pour garder la tête haute, hors de l'eau et pourtant, ce mensonge-là est d'une autre nature, de celui qui vous enfonce encore plus, comme des sables mouvants, plus vous vous agitez, plus vous
vous enfoncez. Fidèle à moi-même, je débute bien l'année!
Il fait une chaleur infâme en ce moment sur l'île...
réchauffement de la planète oblige, nous nous liquéfions sur notre caillou insulaire. Et puisque mes amis métropolitains font face eux au renouveau de l'ère glaciaire, je prends un malin plaisir
à les titiller sur les températures, tant et si bien que M.S. a fait le voeu de voir les températures à La Réunion atteindre les 40°C et surtout, (elle est vicieuse), que Narta et autres
anti-transpirants soient en rupture de stock... Prémonition? « Gueule cabri » comme on dit ici? Le fait est que le lendemain, je vivais l'expérience la plus honteuse de ma vie.
Je devais sortir: payer mon loyer, récupérer ma clé usb et acheter un
nouveau téléphone portable qui m'avait lâchement abandonné le 1er janvier. Le temps était à l'orage, alors pensant à une salutaire baisse des températures, j'adopte la tenue qui me semblait
appropriée. Une petite robe (très courte) d'un beige très clair, des leggings (car je ne commence jamais l'année les fesses à l'air, dieu seul sait comment je la terminerai...), des talons et une
petite ceinture noire pour souligner ma taille généreuse. Dès ma descente de bus j'ai senti que quelque chose clochait... pourquoi ces deux idiotes se sont mises à rigoler comme des dindes quand
je suis passée à côté d'elles? Bah, l'imbécilité n'est pas une tare mortelle, je passe donc à autre chose. Il fait tellement chaud que j'oublie mon parapluie dans le bus. C'est bien ma veine car
vu les nuages, ça ne va pas tarder à tomber. Dans la rue les gens me regardent avec insistance, ils scrutent ma tenue. C'est vrai que je détonne puisque tout le monde est en robe d'été ou en
short... mais que voulez-vous, la classe, ça n'est pas une question de saison. Ca doit plaire puisque je sens même des regards dans mon dos. Et cette chaleur qui n'en finit pas . Heureusement,
j'arrive au bureau de l'AMI pour payer mon loyer. La clim me fait un bien fou. J'en profite pour replacer ma ceinture et là, je deviens écarlate. Désormais, pour souligner ma taille, j'ai le
choix entre cette maudite ceinture en plastoc ou la transpiration qui en avait suivi les contours. La honte! Et en sentant les gouttes de sueurs dégringoler dans mon dos, je pouvais aisément
imaginer le désastre que cela devait être sur cette robe beige.
Sans autre choix, je me dirige vers Orange en rasant les murs. Vous
parlez d'un fille classe!! Auréolée de sueur! Dans la boutique, un jeune vendeur se charge de moi. Son regard glisse sur les traces de transpiration, il a l'élégance de ne pas changer
d'expression. Pour l'en remercier j'accepte de changer de contrat de téléphone pour un autre qui me coûtera deux fois plus cher. C'est alors qu'il me tend un papier... moi, je suis dubitative.
Son numéro de téléphone? Serait-ce un fétichiste de la transpiration? Non c'est une carte de visite...celui d'un docteur. Déconcertée, je regarde mon vendeur d'un air interrogateur. « Moi
aussi je souffrais d'une sudation excessive, vous devriez aller le voir, il est excellent ».
« armhioqghjqimzerer!!!! »aurais-je dû marmonné en tournant
les talons. Au lieu de cela, j'ai mis la carte de visite dans mon portefeuille, et aussi incroyable que cela puisse paraître, moi qui ne souffre que d'une transpiration dûe à la chaleur
excessive, je me suis entendue dire: « je vous remercie infiniement, j'espère sincèrement qu'il pourra mettre fin à ce cauchemar ». C'est à ce moment précis que j'ai su que 2009
exigerait plus de sens de l'humour que 2008!
Bonne année 2009!