Vendredi 21 mars 2008

C'est bon, J'ARRETE LES FRAIS!!!!!!

Les talons...J'ARRETE!!!
Me lever tôt... J'ARRETE!!!
Le bus à 6h45... J'ARRETE!!! J'ARRETE!!!

Rien que pour ça, tiens, je commencerai bien la cigarette!
ça m'apprendra à vouloir être féminine...pfff!!!!...
La misère QUOI!

Ben oui, c'est la misère quand on est étudiante à plein temps, qu'on n'a trouvé qu'un pauvre studio à une heure en bus de la fac, que du coup y'a pas de parking, qu'on n'a pas de voiture de toute façon et que y'a parfois des mecs supers beaux dans ce maudit bus!!!

C'est que ça m'avait fait drôle dites donc en entendant mes potes faire l'éloge des talons...le comble du féminin!!! ah bon? Rien ne vaut la démarche d'une fille en talons? Rien que le bruit, ils en ont des frissons??? Ah bon? Et pendant qu'ils m'expliquaient tout ça, moi, discrètement je planquais sous ma chaise mes tongues en plastique fluos. Je transpirais! j'avais chaud aux pieds.

6h00: Chuis pas arrivée à dormir avec cette histoire de séduction par le peton. D'autant plus qu'ayant mis direct à la poubelle les dites tongues...j'avais plus le choix... c'était nike ou les échasses que j'avais achetées pour le mariage d'une tante qui est ménopausée depuis. AAAAHHHH et pis allez, j'assume, à mon tour de les faire chavirer!

6h35: Petite robe à volants noirs, maquillage discret, et des talons qui ne m'ont même pas posé problème pour descendre les escaliers et monter la côte qui mène à l'arrêt de bus. Pas super réveillée mais pas peu fière de mon petit effet parce-que dites donc, ça mate grave!!!! Je serais presque mal à l'aise...presque.

6h45: Le bus arrive, la porte s'ouvre, petit regard du chauffeur sur mes petons (et le reste du coup), petit sourire de ma part (peut toujours rêver celui-là), je tends l'argent -"un ticket je vous prie"! (parce-qu'une fille en talons dit "je vous prie" et pas "s'il-vous-plaît", c'est inné!)

6h46: Y'a du monde à cette heure! Le bus est bondé! Tant pis, je reste à hauteur du chauffeur, d'autant plus que pas loin, y'a un mec super mignon. Je note dans un coin de ma tête: "Prendre plus souvent le bus de 6h45"

6h47: J'essaie de voir si mec mimi a repèré mes talons (et le reste du coup) mais voilà que le chauffeur, ce dératé, ce dégénéré de chauffeur, prend le rond-point à vitesse grand V...

6h47min2sec: Et bien ça n'a pas manqué...moi, mes talons, ma robe à volants, on s'est retrouvés les 4 fers en l'air, sur le sol, ébètés de ce qui venait de nous arriver! Je note dans un coin de ma tête: "Ne plus JAMAIS prendre le bus de 6h45!"

6h47min6sec: Essayez, vous, de remonter dignement sur vos échasses en passant outre les rires étouffés, le sourire narquois du chauffeur et, vous en êtes persuadée, le fait que mec mimi n'a pu rater ni vos talons ni votre culotte en coton fluo... Je transpire! J'ai chaud, et pas qu'aux pieds.

C'est bon, j'ai ma dose...
J'ARRETE les talons hauts
J'ARRETE le bus trop tôt
J'ARRETE les culottes fluos!!!!

Par La Veilleuse - Publié dans : Grincement de dents
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Lundi 17 mars 2008

Je garde en mémoire, comme des souvenirs de sables, nos images de cartes postales...

Il était mon Homme Capitaine car cette histoire était entourée d'eau et [...] notre histoire décidement était vouée au naufrage.

Combien de temps passé à regarder la mer et notre embarcation prendre l'eau? 

Je l'ai enlacé, désespérement, pour n'avoir rien à regretter, mais le moment venu, nous n'avons eu d'autre choix que de nous séparer pour survivre. 

Il a trouvé une bouée qui tranquillement le ramène vers la terre ferme. Moi mon radeau de bric et de broc, secoué par les flots, coule à pic, doucement mais sûrement. 

J'ai crié, longtemps... personne ne m'entend.
 
Alors, comme je lui ai promis, comme je me le suis promis, je n'ai pas cherché à le retenir. Je l'ai laissé vogué. 

Et pendant que je touche le fond marin, mes larmes prennent un goût amer et mes yeux continuent de fixer obstinément les dernières traces d'une bouée abandonnée
.

Par La Veilleuse - Publié dans : Grincement de dents
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Jeudi 13 mars 2008

"Attends, laisse-la parler, pour une fois qu'elle parle d'un truc de filles!!!!"

Ce cri du coeur m'a fait sursauter et même me retourner pour vérifier que c'était bien de moi que l'on parlait. Mais oui, aucun doute. je déblatérais joyeusement sur le énième régime détox que j'essayais avec une copine . Rien de bien intéressant, pourtant autour de moi, toutes tombaient des nues en constatant qu'en fait j'étais bel et bien humaine, et femelle de surcroît, à croire que jusque là, ça n'avait pas été évident à déterminer!

Pourtant, grand dieu, je n'ai jamais mis en doute mon appartenance corps et âme à l'univers des gorgones/nymphes (tout dépend des jours du mois où l'on nous aborde). Pour preuve, je lis Elle, je prends des kilos rien qu'en regardant les mille-feuilles dans la vitrine, je lorgne les fesses de Georges Clooney et j'ai la larme à l'oeil en regardant pour la 50ème fois Love Actually. 

Depuis ce commentaire qui remue les tréfonds de ma personnalité, je m'interroge. 

Est-ce que je dégage une image masculine?
Les jupes, la peau satinée et le maquillage n'auraient donc pas pallié à cet effet? 
A moins que ce ne soit mon discours...?

C'est vrai que j'aborde les sentiments différemment de mes collègues de cours. Je prends, je jette, je n'aime pas parler d'avenir à deux, les mots doux me font froid dans le dos et tout acte d'engagement de l'autre sonne le glas de la relation pour moi. 
J'ai aussi une ambition qui dépasse le cadre de la fondation et de l'entretien d'un foyer et j'évite tout ce qui dit cuisine depuis que mon père a fait les frais de la mienne en frôlant l'intoxication alimentaire. 

Mais voilà, être femme de nos jours c'est aussi vivre joyeusement et délicieusement son célibat tout en menant de front une brillante carrière. Mettre en avant les sentiments, la famille et la cuisine est bien trop réducteur et stéréotypé du siècle dernier. 

Le problème ne viendrait donc pas de moi mais de ma détractrice puisqu'au final, j'assume le fait de faire des trucs de filles, sans avoir besoin de palabrer. 

Quoi qu'il en soit, pas plus tard qu'hier, j'ai acheté le Deuxième Sexe, des fois que Simone puisse m'éclairer sur le fait qu'"on ne naît pas femme, on le devient" ... bien malgré soi.

Par La Veilleuse
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Mardi 4 mars 2008
Elle m'a fixé d'un regard tendre et complice. Le regard que s'adressent de vieilles amies après une trop longue séparation. Le regard qui sous-entend: "Nom de dieu! Tu n'as vraiment pas changé! Que je suis contente de te retrouver!"

A cet instant j'aurai voulu pouvoir dire que quelque chose clochait, que dans ses yeux une tristesse sourde perlait, que son sourire avait dérapé. J'aurai voulu deviner qu'elle avait malgré tout, avant tout, changé...

On a fêté nos retrouvailles au café de la gare de Lyon, mon train à quai, départ dans 3 heures. Le temps nous était compté. Et de banalités en frivolités, j'ai fini par lui demander comment elle allait, vraiment...

Cela faisait six mois qu'elle s'était séparée de son mister Big à elle, le seul homme à avoir su percer sa carapace et l'aimer pour elle, le seul homme qu'elle a jamais admiré. Elle refusait fermement de m'expliquer les raisons de cette séparation. "Par mail, c'est beaucoup trop long..." Elle l'aimait toujours, bien sûr, quelle question! Pour qu'elle daigne emmènager avec lui, c'est bien qu'elle l'aimait plus que tout! Et ils l'avaient retapé avec toute leur âme d'artiste ce vieil F4, "surtout la dernière pièce..."

Ce n'est qu'à ce moment là que j'ai aperçu l'ombre qui lui triturait les entrailles. Elle est passée furtivement dans son regard quand elle a détourné les yeux vers son sac à main. Elle en a retiré une carte qu'elle m'a tendu. "Nous voulions vous en faire la surprise mais ne pouvant plus attendre nous avons le plaisir de vous annoncer que nous allons être parents dans exactement trois mois..." Incrédule, mon coeur a bondi de bonheur et sur le point de me jeter dans ses bras pour la féliciter, mes yeux se sont fixés sur son ventre désespérement plat. 

"Surtout la dernière pièce..."
"parents dans trois mois..."
Ventre plat...
tout cela ne collait décidément pas.

"Une fausse couche..." ai-je lâché, les jambes coupées, tentant en vain d'établir l'état des lieux de son âme en morceaux...

Alors qu'au loin une voix annonçait le départ imminent d'un train qui devait être le mien,  elle a pris une inspiration, relevé la tête pour fixer mon regard interrogateur et murmuré dans ce qui n'était plus qu'un souffle:
"il y a 6 mois, j'ai accouché d'un ange..."

Par La Veilleuse - Publié dans : Acide sulfurique
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Jeudi 24 janvier 2008

"Je plie mais ne romps pas"

LaFontaine eût beau l'expliquer, jamais je n'arriverais à l'appliquer.

Au roseau j'ai préfèré le chêne, sachant pertinemment la fin inéluctable qui m'attend.

Mon caractère est, dit-on, bien trempé car je n'hésite guère à mettre des trempes à ceux qui manquent de caractère. Tel le chêne, je me dresse pour faire face aux tempêtes qui ravagent ma vie et rares sont les personnes qui peuvent se vanter de m'avoir entendue craquer. Contre vents et marée je tiendrais debout pour protèger mes amis malgré une pénible tendance à leur faire de l'ombre.

Bien que je ne campe pas sur mes positions, j'ai la rancoeur bien enracinée et je pourrirais sur place plutôt que de m'incliner devant un blessant passé.

Et n'en déplaisent à certains, c'est la tête haute et sans plier qu'au soir de mon quart de siècle révolu je coifferais l'infamie qu'est le chapeau de la catherinette. Car, ma foi, être un chêne ne donne pas forcément aux autres l'envie de vous conter fleurette.

Par La Veilleuse - Publié dans : Acide sulfurique
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